11 Création du comité de Bâle en 1974

Les gouverneurs des banques centrales du G10, auxquels s’ajoute le gouverneur de la banque centrale de Suisse, se réunissent à Bâle, en comité, (d’où le nom: comité de Bâle) et décident, sans le recours des chemins démocratiques ( le peuple ne peut pas prendre des décisions de ce type !) de définir la discipline à tenir concernant la politique monétaire des Etats qu’ils représentent. Ils émettent donc des règles « prudentielles » que toutes les banques centrales vont désormais appliquer.

BIS-BCBS

L’aspect technique se définit assez facilement: comme il n’y a plus de référence à l’or, les monnaies flottent entres elles, et c’est le cours du jour qui règle la valeur des échanges internationaux. La spéculation est ouverte, l’incertitude est de mise sur toutes les exportations d’un pays, comme sur ce qu’il importe. C’est par exemple, à l’époque, la source des fameux montants compensatoires adossés aux produits agricoles allemands échangés avec l’Europe. Le Mark étant sur évalué, les paysans allemands ne pouvaient prétendre vendre qu’à perte sur le marché européen…L’Europe compense alors le différentiel de prix pour que l’Allemagne reste compétitive, et puisse vendre sa production sur le marché européen…qui en a besoin.

Ceci est un exemple qui démontre le fonctionnement technique, reste qu’il ne faut pas que les états s’adonnent à la création monétaire inconsidérément.

BRI à Bâle

BRI à Bâle

En effet, la présence de la monnaie est désormais en prise directe avec le crédit, la création monétaire procédant des crédits accordés aux ménages, aux particuliers. Les banques dites de second rang, celles que nous connaissons tous, représentent ainsi l’industrie de création et de destruction monétaire:

  • création lors de l’apparition d’un crédit accordé à un débiteur qui possède alors une dette, la banque possédant une créance sur le débiteur, créance qu’elle place dans l’actif de son bilan.
  • Destruction lorsque la créance disparait de l’actif du bilan de la banque, par le remboursement de la dette du débiteur.

Ainsi pour qu’il n’y ait pas une explosion des crédits et donc pléthore de monnaie et inflation, le comité de Bâle édite des règles qui limitent la possibilité des banques à fabriquer via les crédits, de la monnaie. C’est le ratio de Cooke (du nom du gouverneur de la banque centrale de Grande Bretagne) qui définit une proportion entre les fonds propres des banques et la somme des encours des crédits accordés.

1988 est la date charnière où ce ratio est imposé à l’ensemble des banques européennes et occidentales. Ce ratio est défini à 8%. C’est à dire qu’il faut que la banque possède 8 de fonds propres pour 100 d’encours de crédits accordés. Ces crédits se trouvent rappelons-le sous forme de créances dans l’actif des bilans des banques.