05 L’évacuation africaine

OR-FRANCE-1940

Brest les 16, 17 et 18 Juin 1940: c’est l’urgence. Les allemands sont à Rennes et commencent à bombarder la ville et ses environs avec leur aviation.

Les alertes sont nombreuses et le chargement de ce qui reste de l’or de la France va être épique. Cinq navires vont embarquer 891 tonnes d’or de Brest pour Dakar. Le 18 Juin 1940 à 18 h 45 ils appareillent de Brest, escortés par l’Épervier et le Milan.

Le 19 Juin, des motocyclistes allemands se présentent à la succursale de la Banque de France vers 10 heures du matin et s’informent de l’or !

L’or est parti.

A Dakar le débarquement est activement exécuté entre le 4 et le 7 juillet 1940. D’abord entreposé au camp de Thiès à 70 km de Dakar, il sera évacué à Kayes actuellement au Mali, ou il restera jusqu’à la fin de la guerre.

(A titre d’information l’or polonais 75 T et belge 200T à été évacué en même temps que ce dernier convoi, mais au départ de Lorient, jusqu’à Kayes.)

Parallèlement à ces manœuvres d’évacuation de l’or et de sa mise à l’abri, la politique s’accélère en France : le 16 Juin Paul Raynaud démissionne au profit de Philippe Pétain. C’est ce nouveau gouvernement Pétain qui porte la responsabilité d’évacuer l’or « dans l’Empire » confirmant ainsi la rupture avec l’évacuation de l’or vers les États-Unis.

Ce gouvernement signe l’armistice avec les allemands, c’est à dire la suspension des hostilités, l’État reste aux mains des français, qui administrent la France. Contrairement aux Pays-Bas où la reddition de l’armée a entraîné la capitulation, le pays est administré par les autorités allemandes qui définissent la politique intérieure et extérieure du pays.

Fin Juin 1940, l’or de la France est ainsi réparti:

  • 965 Tonnes d’or aux États-Unis
  • 212 Tonnes au Canada
  • 254 Tonnes en Martinique
  • 891 Tonnes en Afrique.

Plus de la moitié de l’or de la France est passé sur le continent américain. Les conséquences sont nous allons le voir, d’une extrême gravité, dès lors que le 8 Juin 1940, nous savons que les États-Unis ne nous rendront pas en l’état ce que nous leur avons confié.

Dominique MICHEL – Extrait de l’essai: Crise de la dette, crime contre l’humanité