04 La transition martiniquaise

Le prochain convoi montre une évolution dans ce changement radical de politique. C’est le convoi « charnière » entre l’évacuation dite américaine, et celle à venir dite africaine.

martinique-orL’Émile Bertin venant d’Halifax, arrive à Brest le 9 Juin 1940 et reçoit l’ordre d’embarquer 254 Tonnes d’or à destination D’Ottawa via Halifax. Le 11 au soir, il appareille et file vers sa destination canadienne où il arrivera le 18 Juin 1940 (le 18 Juin 40 la France a basculé, le Gouvernement de Raynaud à démissionné le 16, Philippe Pétain est président du conseil le 17 et prononce le même jour à la radio ce fameux: «C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat» et le lendemain, le 18 juin, de Gaulle lance son appel de Londres).

Alors le capitaine de vaisseau Battet commandant le croiseur reçoit un télégramme de l’Amirauté française (de Darlan) lui donnant l’ordre de ne pas débarquer l’or à Halifax, mais de se diriger vers Fort de France. Le départ ne se fera que le 21 Juin à 18 heures (Le 21 Juin l’armistice est signée à Compiègne), après de vigoureuses négociations avec les Amirautés anglaises et canadiennes. Les pressions sont si fortes de la part des anglais et des canadiens que l’Émile Bertin à été obligé de « fuir ».

Le porte- avion le Béarn, ayant pris livraison de cinquante avions bombardiers Curtiss avait appareillé de New York, la veille de l’arrivée du croiseur Émile Bertin à Halifax (le 17 Juin 40). Sur le retour en France, l’Amiral Darlan lui donne l’ordre de se détourner sur Fort de France. Le croiseur Jeanne d’Arc reçoit le même ordre. Si bien que lorsque l’Émile Bertin arrive à Fort de France, une concentration de force et d’or se trouve constitué dans ce petit port.

A partir de cette date, l’on pourrait croire que le reste de l’or de la France va devenir la possession des Allemands.

Il n’en est rien. Tout sera fait pour poursuivre l’évacuation de l’or, mais les destinations changent.

L’or de Fort de France est convoité par les anglais qui mettent la pression, si bien que se sont les États-Unis qui interviennent, et s’assurent que cet or et l’ensemble du matériel militaire restera à Fort de France. Ils instaurent un blocus: ni les armes ni l’or ne quitteront l’île.

Les cinquante avions bombardiers sont débarqués. Ils rouilleront jusqu’a la fin de la guerre. L’or sera lui aussi débarqué le 28 juin et entreposé dans les casemates du fort Desaix.

Dominique MICHEL – Extrait de l’essai: Crise de la dette, crime contre l’humanité


 

 

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